

Plusieurs entrepreneurs le diront, leurs proches ont tenté de les décourager lorsqu’ils ont formulé le projet de se lancer en affaires. S’ils ont su persévérer malgré tout, combien d’initiatives sont restées lettre morte à la suite de pressions familiales?
En 2002, Gilles Barbot a créé Esprit de Corps, une entreprise de Montréal offrant des ateliers sur le développement de l’esprit d’équipe et le bien-être en entreprise. Est-ce que ses parents l’ont soutenu dans cette initiative? « Absolument pas, répond-il. Mon père est médecin, ma mère est infirmière. Ne pas faire médecine, pour eux, c’était l’échec total! Et ça m’a donné un coup de fouet, j’ai vu ça comme un défi pour me dépasser. » Sa vision d’entrepreneur, Gilles l’a acquise au contact de gens d’affaires qui ont croisé son chemin : « Ils sont devenus pour moi des modèles et m’ont encouragé dans mes démarches d’entrepreneuriat. Ce sont des personnes en qui j’ai confiance et qui m’inspirent. »
Yvon Gasse, directeur du Centre d’entrepreneuriat à la Faculté des sciences de l’administration à l’Université Laval, croit beaucoup à l’influence familiale en matière d’entrepreneuriat, qu’elle soit consciente ou inconsciente : « Quand on étudie le phénomène, on s’aperçoit que près de 60 % des entrepreneurs viennent d’une famille où un des parents était entrepreneur. Ils ont donc appris très jeunes ce qu’est l’environnement de l’entrepreneuriat. Pour les familles qui ne sont pas proches du monde des affaires, le minimum à respecter est de ne pas décourager les jeunes qui souhaitent créer leur entreprise. Lorsqu’il s’agit de rendre l’entrepreneuriat désirable, la famille joue un rôle très important. »
Yvon Gasse mentionne également que la famille peut apporter un soutien non seulement psychologique, mais aussi financier. Encore ici, les entrepreneurs ont une longueur d’avance : « Les entrepreneurs sont plus disposés à aider financièrement ou matériellement un membre de leur famille. Un entrepreneur est habitué à investir dans son entreprise et même dans celles des autres. Il sera donc enclin à le faire pour l’entreprise d’un membre de sa famille. On appelle ça le love money. »
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