

Lors d’une conférence prononcée au 6e Forum d’automne de la Fondation de l’entrepreneurship, Paul Inchauspé, président du Groupe de travail sur la réforme du curriculum au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, reconnaissait que l’école actuelle ne fait pas bon ménage avec la culture entrepreneuriale : « Le modèle dominant de l’école favorise la passivité et le conformisme. Le Québec, comme tous les pays qui ont voulu se donner rapidement un système d’enseignement de masse efficace, a adopté un modèle permettant de scolariser rapidement et à un coût relativement modeste des milliers d’enfants » En résumé, l’enseignant transmet des connaissances aux élèves, lesquels intègrent ensuite ces connaissances lors d’un travail individuel – les leçons et les devoirs – qui implique répétition, mémorisation et exercices d’application. « Ce modèle donne peu de place à la curiosité, à la découverte, à l’élaboration individuelle et collective de connaissances », estime M. Inchauspé.
Ce ne sont pas les idées qui manquent au gouvernement du Québec pour attiser la flamme des futurs entrepreneurs. Le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse, qui en témoigne, est relevé de bien des façons dans les écoles, explique Denis Morin, directeur des projets éducatifs à la Fondation de l’entrepreneurship. L’expert en éducation participe au développement d’une approche entrepreneuriale au secondaire. Au menu : applications pédagogiques de l’entrepreneuriat à l’intérieur même des matières au premier cycle et création d’un programme d’entrepreneuriat-études. « Les matières de base peuvent devenir des prétextes à l’entrepreneuriat, souligne Denis Morin. On démontre ainsi aux jeunes que les connaissances peuvent être utiles tout de suite. » On peut, par exemple, demander aux élèves de concevoir un produit de consommation en utilisant des notions scientifiques.
Paul Inchauspé se réjouit que la sensibilisation à l’entrepreneuriat s’intègre à la formation, mais cela ne suffit pas, selon lui : « Il faut que le système éducatif reconnaisse pleinement l’esprit d’entreprise comme une des valeurs de notre société qu’il doit promouvoir et amener les élèves à développer. » C’est aussi la mission que s’est donnée le gouvernement en promouvant, dans le cadre du Défi de l’entrepreneuriat jeunesse, les valeurs inhérentes à l’esprit d’entreprise telles que la créativité, la solidarité, l’autonomie, le leadership et le sens des responsabilités. Et pour bien transmettre ces valeurs, les enseignants doivent y adhérer pleinement, un peu comme ils le font pour ce qui est de la santé ou de l’environnement.
Entrepreneurs cherchent école
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