

Dès leur jeune âge, les entrepreneurs se démarquent souvent par leur créativité et leur personnalité affirmée. Avec ses cadres stricts, l’école traditionnelle leur procure des connaissances théoriques, mais laisse en plan une bonne partie de leurs besoins. Des changements se font toutefois sentir dans le milieu de l’éducation.
Comptable agréé de formation, Guy Morin, vice-président finance chez Giguère & Morin, a fait ses débuts comme stagiaire dans un grand bureau d’experts-comptables. Se sentant à l’étroit dans cet univers très normatif, il n’a pas hésité longtemps une fois son titre de CA acquis : il s’est joint à l’entreprise familiale, spécialisée en fabrication de composantes de meubles en bois massif. « Ce qui m’a fait choisir cette voie, c’était la possibilité d’avoir en main tous les leviers pour diriger l’évolution de l’entreprise et accomplir quelque chose de créatif », commente-t-il.
L’entrepreneuriat est aussi une histoire de famille pour Vicky Lacasse. C’est son père, fondateur de l’entreprise Honco, spécialisée en fabrication de bâtiments d’acier monocoques, qui lui a fait connaître le monde des affaires. Une fois son baccalauréat en administration – option comptabilité – en poche, elle a vite pris le chemin de l’entreprise familiale. « Mon père avait besoin d’un contrôleur pour une entreprise qu’il avait achetée. J’ai pris la place, et j’ai fait MA place », affirme Vicky. Dix ans plus tard, elle est aujourd’hui contrôleuse pour trois des cinq entreprises que son père a fondées ou achetées au fil des années. Elle est de plus responsable des finances chez Sturo Métal, une entreprise qui se spécialise dans la fabrication de structures d’acier.
Bien que l’école leur ait beaucoup apporté sur le plan théorique et qu’elle les ait initiés au travail d’équipe, ce n’est pas là que Guy Morin et Vicky Lacasse ont vraiment pu comprendre ce qu’est un entrepreneur. « L’entrepreneuriat pur, je l’ai appris en travaillant dans l’entreprise », raconte Guy. Il aurait pourtant aimé, au cours de sa formation, que des entrepreneurs viennent partager leur expérience avec les étudiants. « L’école peut aider à développer des passions en organisant des visites d’entreprises. Il faut sortir les élèves, leur montrer comment ça se passe sur le marché du travail. Passer une journée avec un chef d’entreprise peut équivaloir à un cours au cégep… », affirme pour sa part Vicky, qui a participé au programme Jeunes entreprises quand elle était au secondaire.
Pour en finir avec la passivité
L'école peut-elle cultiver le goût d'entreprendre chez les élèves?
Pourquoi l'éducation et l'entrepreneuriat
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