

La solidarité, c’est l’entraide, l’esprit d’équipe et le sentiment d’appartenance qui nous lient à ceux qui nous entourent : famille, amis, collègues ou concitoyens… « Être solidaire, c’est sentir que si quelqu’un a un problème, on peut l’aider et que si l’on a soi-même un problème, d’autres peuvent nous aider », résume Lucie Villeneuve, coordonnatrice du Réseau québécois du crédit communautaire. Ce regroupement accorde du crédit aux personnes désireuses de lancer une entreprise, mais qui n’ont pas accès au crédit traditionnel. Les investisseurs y sont variés : communautés religieuses, syndicats, institutions financières, entrepreneurs, individus… « La solidarité peut prendre plusieurs formes dans le monde des affaires, poursuit Mme Villeneuve. On n’a qu’à penser au mentorat ou aux réseaux d’affaires. »
« Au Québec, on a beaucoup valorisé l’esprit de combativité lié à l’entrepreneuriat, mais on n’a pas assez insisté sur la solidarité », estime Jacques Fiset, directeur général du Centre local de développement de Québec. « Pourtant, on ne peut gérer une entreprise en vase clos, sans solidarité. Un entrepreneur est solidaire de ses investisseurs, de son comptable, de son personnel, des fournisseurs et des autres entreprises. Par exemple, un commerce de détail sur une grande artère est solidaire des autres commerces, car leurs clients vont devenir ses propres clients. »
« La formule coopérative s’appuie principalement sur la solidarité », souligne Isabel Faubert-Mailloux, responsable des communications au Regroupement québécois pour la coopération du travail. « Une coopérative de travail1 est un projet d’affaires géré par un groupe, où sont présents l’esprit d’équipe et le sentiment d’appartenance à l’organisation. Cette solidarité permet de contrer les coups durs en groupe, par exemple en modifiant le fonctionnement de l’entreprise avant même de penser à couper des postes. » Dans notre société individualiste, est-il facile d’être solidaire? Pour Isabel Faubert-Mailloux, il faut savoir penser autrement. Les membres d’une coopérative de travail, par exemple, voient dans leur entreprise plus qu’un gagne-pain. Ils y voient un milieu de vie. C’est difficile d’être solidaire, mais lorsque les individus le sont, l’organisation est plus forte.
1 Il existe différents types de coopératives : de travail, de consommateurs, de producteurs, de solidarité. La coopérative de travail est celle qui vise la mise sur pied d’un projet d’affaires dans le but précis de créer des emplois.
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