

Prendre des responsabilités, c’est s’engager, se commettre. C’est mettre sa parole et son intégrité en jeu. « Lorsqu’un enfant acquiert le sens des responsabilités, il devient un être humain plus équilibré. Cela lui permet d’être partenaire des gens qui l’entourent et de son milieu, et ainsi d’obtenir la confiance des autres », explique Rino Lévesque, directeur de l’école Cœur-Vaillant. Cet établissement primaire public a notamment pour vocation d’amener les enfants à développer des compétences en entrepreneuriat.
L’entrepreneur a souvent été perçu comme dominant, arrogant et mercantile. Mais, à l’école Cœur-Vaillant, c’est une tout autre vision que l’on veut transmettre. « Pour nous, l’entrepreneur est un être humain qui choisit d’assumer son épanouissement et d’innover, afin de contribuer au développement de la société. Il est donc responsable de lui-même, mais aussi de diagnostiquer des problèmes et d’y apporter des solutions novatrices. », résume M. Lévesque. Selon le directeur, développer des projets en ayant à l’esprit de ne pas appauvrir le voisin amène l’entrepreneur à être encore plus responsable dans ses engagements et ses objectifs. À terme, cette attitude ne peut que lui valoir une réputation enviable, fondée sur l’éthique, le respect et la confiance, un facteur déterminant dans la réussite.
Jacques Deschênes a récemment vu son fils Martin prendre les rênes de l’entreprise familiale à titre de président et chef de la direction du Groupe Deschênes. Ayant lui-même repris le flambeau de son père, il est bien placé pour savoir que le sens des responsabilités ne se transmet pas par l’hérédité, mais qu’il se développe chez l’enfant : « Plus jeune, Martin a participé à plusieurs activités – il a notamment été moniteur de ski – et a pu acquérir son sens des responsabilités par lui-même. Lorsqu’il a fait son entrée dans l’entreprise, il a gravi les échelons sans que j’intervienne, car il avait les compétences requises. »
Mais lorsque son fils a été nommé président par le conseil d’administration, Jacques Deschênes, en bon parent, a eu un réflexe protecteur : « J’aurais personnellement voulu qu’il acquière un peu plus d’expérience. Je craignais que cela soit une trop grande responsabilité pour lui. Mais, finalement, mes inquiétudes n’étaient pas fondées, et je suis très fier de mon fils. »
