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Les mythes sur l’entrepreneuriat

Mal connu, l’entrepreneuriat est la cible de bien des préjugés. On croit souvent que les gens d’affaires sont tous assoiffés d’argent ou que seuls les enfants d’entrepreneurs ont ce qu’il faut pour avoir du succès dans ce domaine. Confrontons ces vieilles perceptions à la réalité.

Quelques mythes à défaire…

Les entrepreneurs ne pensent qu'à l'argent

« On peut décider de se lancer en affaires dans le but de devenir autonome financièrement », reconnaît Sylvain Lévesque, président du Centre local de développement de Québec. « Mais il existe bien d’autres motivations, comme le désir de devenir son propre patron et celui de se dépasser. » Et pour Richard Desjardins, président du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec, « c'est tout d’abord la passion qui amène à lancer une entreprise ».

« Il faut arrêter de penser que tous les entrepreneurs ne pensent qu’à eux », plaide de son côté Richard Roussel, du Regroupement pour la relance économique et sociale du sud-ouest de Montréal. » « Beaucoup sont animés par un grand sens social. Et ce sont souvent ceux-là qui réussissent le mieux, parce qu’ils font en sorte que leurs employés se sentent valorisés et aient le goût de donner leur maximum. »

Par ailleurs, l'objectif de devenir à l’aise financièrement ne peut se réaliser qu'à long terme. « Tout le monde commence au bas de l'échelle, avertit Richard Desjardins. Et il ne faut surtout pas calculer son salaire horaire les premières années. » Qu'on se le tienne pour dit : les entrepreneurs ne roulent pas tous sur l'or. « Il est vrai que les Québécois les plus fortunés sont des gens d'affaires, mais cela ne veut pas dire pour autant que tous les entrepreneurs sont riches, met en garde Sylvain Lévesque. Et la majorité d'entre eux travaillent de 70 à 80 heures par semaine, même plusieurs années après avoir lancé leur entreprise. »

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Il faut avoir étudié en administration pour lancer une entreprise

« C'est faux », tranche d'entrée de jeu Sylvain Lévesque, du Centre local de développement de Québec. « Ce qui compte, c'est d’offrir des produits ou des services qui se démarquent de la concurrence. » En ce qui concerne la comptabilité et la fiscalité, aux yeux de tous les experts consultés, l'essentiel pour un entrepreneur consiste à s'entourer de spécialistes capables de compenser ses lacunes et de le guider dans ses décisions.

Certes, l'acquisition de certaines connaissances en gestion allégera la tâche du futur entrepreneur. Par exemple, il est indispensable de pouvoir interpréter les états financiers. « Il faut au moins savoir si on fait de l'argent ou non… », fait valoir Roland Garceau, conseiller en démarrage d'entreprise au Centre local de développement de Shawinigan. Par contre, il n'est pas nécessaire de comprendre tout ce qui est lié à la comptabilité. Et il est encore moins essentiel de s'obliger à aller chercher un diplôme en la matière.

« Les connaissances sont importantes, mais la façon de les acquérir demeure secondaire », explique Richard Roussel, du Regroupement pour la relance économique du sud-ouest de Montréal. « Ainsi, de nombreux organismes, comme les centres locaux de développement , les sociétés d’aide au développement des collectivités et plusieurs commissions scolaires, offrent des ateliers de formation en administration », souligne Richard Desjardins, du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec.

De nombreux cégeps offrent aussi ce genre de cours, notamment par l’intermédiaire de leurs services aux entreprises. De plus, certains organismes dispensent des formations qui visent à améliorer les habiletés de gestion des jeunes entrepreneurs. Par exemple, le Mouvement québécois de la qualité offre les programmes Qualimètre et Outils de la qualité, alors que la Fondation de l'entrepreneurship du Québec offre des sessions de sensibilisation au réseautage d'affaires.

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Il faut naître dans une famille d'entrepreneurs pour avoir le sens des affaires

« Le sens des affaires n'est pas un gène; c’est un ensemble de valeurs (comme la solidarité et le leadership) qui forment la culture entrepreneuriale », soutient Richard Desjardins, du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec. « Et cette culture, il existe différents moyens de s'en imprégner. Par exemple, un jeune peut développer son leadership en étant membre d’une équipe sportive et son sens des responsabilités en travaillant à temps partiel. »

« C'est évident que, pour lancer une entreprise, il faut avoir un peu la fibre de l'entrepreneuriat », ajoute Richard Roussel, du Regroupement pour la relance économique et sociale du sud-ouest de Montréal. « Cela implique de connaître les embûches qui peuvent survenir et d'être bien préparé à les surmonter. » Par exemple, il faut avoir le réflexe de prévoir une certaine marge de manœuvre dans le budget, au cas où les profits ne se matérialiseraient pas très vite. « Mais cette connaissance ne s'acquiert pas exclusivement au sein d'une famille d'entrepreneurs », assure M. Roussel.

« Il est certain que d'entendre parler d'entrepreneuriat depuis notre enfance peut nous inciter à aller dans cette direction et constituer un avantage au moment de lancer notre entreprise », admet Sylvain Lévesque, du Centre local de développement de Québec. « Mais le sens des affaires, c'est surtout une question de personnalité et d'attitude. »

Et enfants d’entrepreneurs, attention. Dans votre famille, certains auront la bosse des affaires et d’autres pas. Comme le souligne M. Roussel, « ce serait une erreur de croire que l’on répétera assurément le success story de nos parents ».

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Il faut beaucoup d'argent pour se lancer en affaires

« Il est possible de se lancer en affaires sans avoir beaucoup d'argent », estime Richard Roussel, du Regroupement pour la relance économique et sociale du sud-ouest de Montréal. « Mais à défaut d'en avoir, il faut savoir où en trouver… »

Une mise de fonds de la part de l'entrepreneur constitue en effet un incontournable. « Il est impossible de lancer une entreprise sans rien risquer soi-même », avertit Richard Desjardins, du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec. « Il faut démontrer qu'on croit à notre projet en assumant une part du risque. »

Cette mise de fonds, de l'ordre de 20 à 25 % de l’investissement total, sera plus ou moins importante selon le type d'entreprise que l'on envisage de créer. « Certains projets, comme l'ouverture d'un bureau de traducteur, ne demandent pas beaucoup d'argent pour prendre forme. D’autres entreprises, comme celles spécialisées dans la fabrication de meubles, peuvent commencer à très petite échelle, avec des machines peu sophistiquées, et prendre de l'expansion après que leur base a été consolidée », ajoute Sylvain Lévesque, du Centre local de développement de Québec.

La mise de fonds peut provenir de l'argent personnel de l'entrepreneur, de celui de ses connaissances ou de subventions. Certains organismes, tels les centres locaux de développement et les sociétés d'aide au développement des collectivités, offrent en effet des subventions pour le démarrage d'entreprises.

« Le microcrédit offert par un cercle ou un fonds d'emprunt peut aussi donner un coup de pouce aux futurs entrepreneurs qui n'arrivent pas à obtenir un prêt bancaire », souligne André Ouellet, président du Réseau québécois du crédit communautaire. Tout d'abord, il faut assister à quelques rencontres pour apprendre à élaborer un plan d'affaires. On rencontre ensuite un conseiller de l’organisme. Si celui-ci juge le projet viable, il proposera son aide pour le présenter au comité d'investissement, qui distribue l'argent de donateurs (individus, communautés religieuses, fondations, etc.) et de prêteurs (la caisse populaire du coin, par exemple). Une personne peut ainsi recevoir les 1 000 $ ou les 3 000 $ qui l'aideront à réaliser son rêve ainsi qu'un accompagnement sérieux de la part de son conseiller jusqu'au remboursement total de la dette. « De nombreuses petites entreprises ont ainsi vu le jour », fait remarquer André Ouellet, qui a dû se renseigner sur la fabrication de bière artisanale, le massage sur chaise et même l'élevage de lamas pour aider ses clients à devenir entrepreneurs.

Par ailleurs, il faut être en mesure de se serrer la ceinture le temps que l'entreprise prenne son erre d'aller. « Un entrepreneur peut passer deux ans sans être en mesure de s'octroyer un salaire, avertit Richard Roussel. Il ne faut surtout pas sous-estimer les efforts à faire pour lancer une entreprise. »

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Il suffit d'avoir une bonne idée pour lancer une entreprise

« Une bonne idée constitue une excellente base, sans laquelle il est difficile d'aller bien loin dans un projet d'entreprise », concède Sylvain Lévesque, du Centre local de développement de Québec. « Mais ce n'est qu'un début… »

En effet, « une bonne idée ne suffit pas pour convaincre un banquier de nous prêter de l'argent », indique Richard Roussel, du Regroupement pour la relance économique et sociale du sud-ouest de Montréal. Le plan d'affaires, ce document qui explique ce qu'on veut faire, pourquoi on veut le faire et comment on entend y parvenir, constitue un incontournable dans la recherche de financement. Un plan d'affaires rigoureux indique le sérieux de l'entrepreneur envers son projet et démontre qu'il sait exactement dans quoi il s'embarque.

Selon Roland Garceau, du Centre local de développement de Shawinigan, le plan doit également montrer que notre bonne idée est lancée au bon moment, au bon endroit et par la bonne personne. « Le télécopieur, par exemple, a été mis sur le marché dans les années 50. Il n'a pourtant trouvé preneur que dans les années 80, quand les besoins de gens ont évolué dans cette direction », raconte-t-il.

Sylvain Lévesque ajoute une mise en garde : « Il faut garder en tête que, si notre idée est bonne, d'autres ont pu l'avoir avant nous. On doit donc évaluer la concurrence, savoir ce qui existe sur le marché et s'assurer de pouvoir tenir le coup, si une fois notre entreprise lancée, quelqu'un s'avise de copier notre idée… » La meilleure méthode pour tâter le terrain? Allez voir ce qui existe déjà sur le marché et parlez aux gens du secteur d’activité concerné. Vous identifierez ainsi ce que vous pouvez apporter de neuf à vos clients potentiels.

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